Le battage du fonio à Damaro (Guinée)

Quand on récolte le fonio, on le place en tas d’une dizaine de mètres de longueur et d’environ 1,50m de haut. On prépare l’espace du battage : on place à l’extrémité deux bâtons de bois fourchus et on intercale au milieu un long bout de bois. On place une bâche sur le sol pour protéger le fonio. Auparavant, c’était une terre battue propre. Le propriétaire du champ peut inviter les gens pour venir l’aider ou bien utiliser les membres de sa famille. C’est un travail qui se fait uniquement le matin, très tôt, étalé sur plusieurs jours, avant que le soleil ne soit trop fort. Chaque personne, homme ou femme, bat aux pieds le fonio en se tenant à la barre transversale. Chacun bat un mètre par matin sur plusieurs jours jusqu’à ce que le travail soit fini. Après avoir battu le fonio, ce sont les femmes qui vannent et rendent propres les grains avec des vans. On place les grains dans des sacs et chacun en emporte à la maison.

On utilise cette technique encore pour les petits champs ou bien dans les champs que la machine ne peut pas atteindre. Aujourd’hui, l’usage de la batteuse automatique apparait. On met du gasoil dans la machine et le propriétaire du champ vient prendre le fonio et le donne au propriétaire de la machine qui les insère dans le mécanisme qui trie le foin des grains. L’usage de la machine s’effectue moyennant une rémunération : 10 mètres contre une bassine de fonio. La machine peut également trier le riz.

Konianké :

Föni bé bana kalila, alé la sangbalö. Sangba wo bécé mètrè tan böla, akounama bécé mètrè kélén ni tara böla. Béréda bé bana ilö bèna, ilé manan lâ gbérédala ka adon damina. Ni aka sènèty dia, alé a föni don tchéla, gna wotè, alé adon ani a dembaya. Föni don fônô sômôdala tché lélé, mètrè kelen kelen. Föni don bébana sôssô, mousso iyé alô fè ka kè bôrô, bèlé ita tâ katâ louma.

Wa macini ko lébéna bibiménô, ka fôni lou gbassi kondra la; mètrè tan bô gna kélén. Wa, macini técé tala sènè bèlô ka akounkè sila kolé ani sènè dôya.

 

Le rôle des perles dans les sociétés de Casamance (Agnak)

Ceci est une vidéo qui montre la façon dans laquelle les femmes qui sortent du bois sacré ornent la tête des nouvelles initiées chez les Baïnounk (Ñanjaher).

[vidéo guribhë ñanjaher Alpha] Vidéo d’Alpha Naby Mané

Les femmes et les filles participant à cette cérémonie qu’on appelle bunic, ‘lavage’. Les Mandingues pratiquent aussi ce rite de passage, nommé ñakakuo ‘se laver’.  Les participantes passent au moins une semaine dans le bois sacŕe pour se faire des tresses et les orner de perles. On ne peut pas parler de ce qui se passe dans le bois sacré. A la sortie, il y a une grande fête. Les maris s’occupent des dépenses de leurs épouses, et les pères de celles de leurs filles.

[vidéo Danse de sortie de bois sacré pour les femmes baïnounck]

Vidéo d’Alpha Naby Mané

Vidéo d’Alpha Naby Mané

Dans cette vidéo, vous pouvez voir une femme habillée en costume d’homme. Il s’agit d’une femme ubos en train de subir le rituel gubos dont on parle plus ailleurs [inserere lien ver le poste sur le kanyaleen/gubos].

Les vidéos ont été prises lors d’une manifestation qu’on appelle “Agnack ma fierté”. C’est un groupe formé par des jeunes Agnackois qui montrent leur fierté de leur village.

Cette rencontre fait rassembler toutes les ethnies du village: les Baïnoucks, Joola, Balante, Mandingues, Toucouleurs, Bambara, etc. Ils se réunissent pour échanger les idées sur le développement du village. Cette organisation de cette fête nous permet de montrer que le village d’Agnack a une grande richesse et diversité culturelle.

Thérèse Sadio portant les perles[photo Thérèse Sadio portant les perles] Photo de René Mané

Les autres ethnies de Casamance utilisent les perles aussi, mais d’une manière différente. La signification est différente aussi.

Chez les Joola, les femmes qui font le kanyaleen – l’équivalent Joola du gubos, le rituel contre l’infertilité – portent une calebasse ornée de perles sur la tête pour signaler qu’elles sont en train de subir ce rituel.

Khady Biaye portant les perles de kanyaleen

[Photo Khady Biaye portant les perles de kanyaleen]

Chez les Baïnounk, l’équivalent du kanyaleen existe et est appelé gubos. Mais les femmes qui participent au gubos ne portent pas de perles sur la tête mais en portent comme boucles d’oreilles ainsi qu’un bâton orné de perles.

Version en mandingue (Alpha

Ñinmu nataaloleti minke musol la naro yitandi nin I botanan wolokono baïnunkool yaa

Musu diŋdiŋol nin sunkutool woluleka duŋ ñiŋ kuyaŋoto min toomu ñaakaakuwoti mandinkakaŋoto.

Mandinkool fana ka kuyaŋo ñoŋo boile ikaa faaye ñaakaakuwo. Ŋansuŋol ka lookuŋ kiliŋ woleke wuloo kono yena bo. Miŋ kake wulookono womu kullobaaleti abuka fo banta. Ŋansuŋol la boo waato, jonbaale ka boi. Kewool minul ye musol soto ŋansuŋol kono itolle ke ila ñaro san. Wo ŋansuŋ toomaal ila wuluulal wolle ke ila ñaro saŋ.

Ŋin nataali toomaa kono alye musoje minye ke feŋol duŋ. Musolom mimbe dimbaayaala. Baïnunkool yaa musol minube dimbaayaala ibuka ikuŋol ñara joonila, bari ike jooni tultotale duŋ

Kasamaas siidol tooma fanaalu ka joono dunne ila adooluto bari ila jooni duŋo sababo manke kiliŋti. Joolaluya dimba min toomu kañalen ka miran ñarariŋole laa I kunto ko naafo kaa yitandi ko imu dimbaaleti.

Baïnunkoolu ya dimbaaya fanan bijeele ikaa fo aye “gubos”bari baïnunkolula dimbalu buka jonoo suura ikuŋoto bari ikaa ke tultotaaleti, ye faloo fana ñara joonola ikamiŋ muta ibulooto.

Ñin nataal dool bota jonboy dulaleto minka soto saŋo saŋ  Añak sate kono. “Aña ma fierté” woleka sate bee bendi ku kiliŋo kan mimmu sate la ñaatotati. Aka siyolbee kili kanaa ila cosaano yitandi: Baïnunkool, joolaal, mandiŋkool, tukuloorol, bambaraŋol, mankaañool. Ŋinne ya tinnaŋ Añak mu sii jama niŋ cosaan jamaa bendulaleti.

Par Jacqueline Biaye, Khady Biaye, Alpha Naby Mané et René Mané

DÉMONSTRATION DE LA TRADITION DIOLA A TRAVERS LA DANSE DU KUMPO LORS DES 92 HEURES DE AGNACK MA FIERTE (Agnak)

Version Joola:

Fuleeŋa fati desembre bukanakati Añak kammi di esukey di kammi tiyen kubajeebaj fujoj di esukey burok mati kajamoor di kajiitum esukolaal fëcul. Di kunaka kucilia kujoolak di kaaku kujaalo jaw kayisen mukaanamoolil. ekumpo yooye di jiboomë jooliyo. esaamai poop yooyuto kakesor bukanat takëmb kulof ekumpo. Di mukaana mati kujoolak ekumpo ebabaj epalaas yëmëk.

Ceci est le Kumpo. Un masque qui est longtemps utilisé dans la tradition diola. il est dansé lors des cérémonies de mariage de « alamaan, coutume qui consiste à mettre à l’épreuve les fautifs d’une situation donnée en les obligeant à se cotiser pour organiser un grands festin où le cumpo danse » et autres fêtes traditionnelles. Ce masque existe aussi chez le baïnouncks de gnamone une variante de gujahër.

Vidéo: Danse du kumpo masque traditionnel diola

Vidéo: Alpha Mané

 

Jamul – la récolte du riz ( Agnak )

Pendant la période nommée gusint en Gujaher, période qui correspond à la période de maturité du riz de montagne, les femmes s’adonnent à une activité qu’on appelle jamul – la récolte du riz.

Sur vidéo Arabiatou Coly et Meta Diandy en récoltant le riz de montagne.

Souvent ce sont les femmes d’un même foyer qui travaillent ensemble. Ou bien elles peuvent travailler en association, rawut. Il’s agit d’un travail collectif non-rémunéré où les gens s’entraident.  Les membres de l’association se cotisent pour un repas commun, ou bien celle pour laquelle l’association travaille offre un repas.

Version en Gujaher

Ahasintëŋ jamul hajamb ëndikaam gambabayë cimpihënay halax ajamul. Immi gamuldu ummu amb jukum mbeh uduk. Innigenye maahan aminbutatëŋké budesnah.

Udigeen nanka eijikë ñandol maahan bubaabenkë indikaam ajamul. Neeneŋ ëndikaam mes eyeye rawut gandekeho wuroowur atemberë ñum maanum. Ananë mbehë ummuhu rawut. Tikën amalahiin butedda kanduka.

 Par Jacqueline Biaye, Khady Biaye, Alpha Naby Mané et René Mané

Vidéo: René Mané

Culture de l’oignon à Damaro (Guinée)

Pendant l’hivernage, en juillet et en août, Damaro est occupé par la culture de l’oignons. Les jeunes hommes s’organisent en petits groupes pour vendre leurs services dans les champs : ils bêchent la terre pour former de petites buttes moyennant un prix convenu à l’avance avec les propriétaires des champs.

C’est ensuite au tour des femmes qui se regroupent en associations (les séré) et qui maitrisent la semence de l’oignon et sa culture. À tour de rôles, les femmes se rendent dans les champs des unes et des autres pour enlever les mauvaises herbes des buttes en terre, puis pour procéder aux semences des oignons. Elles chantent pour s’accompagner :

« On n’a pas d’autre calcul, d’autre activité

On ne fait que la culture d’oignons »

Konianké : « mao nou yé sènèkèléla nou ma ko gbrè lon

Mao nou yé sènèkèléla nou ma kondèlon »

Une semaine plus tard, on voit déjà les tiges pousser et les champs sont verts.

Fabrication d’un panier (Agnak Sénegal)

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Les paniers finis     La finition du bord du panier

En Casamance, le panier est utilisé pour transporter le riz paddy. On utilise les nervures des feuilles de rônier qu’on place les unes sur les autres par six comme une étoile. On tourne autour des nervures qu’on a placées en premier pour former la base du panier. La grandeur du panier dépend de sa base. Quand on a atteint une certaine largeur de la base, on relève toutes les nervures et on les attache au même endroit et on continue à tisser. Après, on les détache et on finit le panier. On tord les nervures au tour du bord.

Par Jacqueline Biaye, Khady Biaye, Alpha Naby Mané et René Mané

Video: René Mané en train de fabriquer un panier

Vidéo et photos René Mané

Conte de l’hyène et de la chèvre (Agnak Sénegal)

Un jour bouki l’hyène partait en voyage dans un autre village. Il rencontra la chèvre sous un arbre au milieu de la forêt. Il demanda à la chèvre : “Que fais-tu là?” La chèvre lui repondit “Ici c’est notre village, là où nous vivons.” “Bouki dit: “Est-ce que c’est sûr?”. La chèvre lui dit: “Nous vivons ici depuis nos ancêtres. Nous, nous habitons ici depuis fort longtemps.” Bouki passa, mais la chèvre ne lui fait pas confiance. Elle part rencontrer le lion et lui raconte. “D’accord, maintenant tu viens passer la nuit chez mois, et moi chez toi.” Alors, vers les coups de deux heures du matin, Bouki revient chercher la chèvre, il s’arrêta et puis il prend l’élan, il vient tomber sur le lion, croyant que c’est la chèvre. Mais le lion a commencé à le déchirer.  Par la grâce de dieu Bouki s’est échappé en disant dieu merci. C’est comme ça que la chèvre est très puissante.

Raconteur: Malamine Biaye

Vidéo: René Mané