Fabrication d’un panier (Agnak Sénegal)

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Les paniers finis     La finition du bord du panier

En Casamance, le panier est utilisé pour transporter le riz paddy. On utilise les nervures des feuilles de rônier qu’on place les unes sur les autres par six comme une étoile. On tourne autour des nervures qu’on a placées en premier pour former la base du panier. La grandeur du panier dépend de sa base. Quand on a atteint une certaine largeur de la base, on relève toutes les nervures et on les attache au même endroit et on continue à tisser. Après, on les détache et on finit le panier. On tord les nervures au tour du bord.

Par Jacqueline Biaye, Khady Biaye, Alpha Naby Mané et René Mané

Video: René Mané en train de fabriquer un panier

Vidéo et photos René Mané

Conte de l’hyène et de la chèvre (Agnak Sénegal)

Un jour bouki l’hyène partait en voyage dans un autre village. Il rencontra la chèvre sous un arbre au milieu de la forêt. Il demanda à la chèvre : “Que fais-tu là?” La chèvre lui repondit “Ici c’est notre village, là où nous vivons.” “Bouki dit: “Est-ce que c’est sûr?”. La chèvre lui dit: “Nous vivons ici depuis nos ancêtres. Nous, nous habitons ici depuis fort longtemps.” Bouki passa, mais la chèvre ne lui fait pas confiance. Elle part rencontrer le lion et lui raconte. “D’accord, maintenant tu viens passer la nuit chez mois, et moi chez toi.” Alors, vers les coups de deux heures du matin, Bouki revient chercher la chèvre, il s’arrêta et puis il prend l’élan, il vient tomber sur le lion, croyant que c’est la chèvre. Mais le lion a commencé à le déchirer.  Par la grâce de dieu Bouki s’est échappé en disant dieu merci. C’est comme ça que la chèvre est très puissante.

Raconteur: Malamine Biaye

Vidéo: René Mané

 

Le gubos ou kanyaleen – un rituel contre l’infertilité et la mort infantine (Agnak Sénegal)

Les femmes qui n’ont jamais pu procréer ou qui perdent les enfants à bas age se soumettent à ce rite, qu’on appelle gubos en Baïnounk gujaher, et kanyaleen dans la plupart des langues joola. Elles acceptent toute humiliation, portent des habits déchirés et prennent un autre nom pour que l’esprit qui cause l’infertilité ne les reconnaisse pas. Quand une femme qui participe au rituel réussit d’avoir un enfant, on lui donne un autre nom aussi, et on prétend qu’il n’a aucune valeur, toujours pour le rendre moins attractif pour l’esprit qui cause l’infertilité et la mort infantile. Alpha Mané, fils d’une ubos, a donc un deuxième nom: Naby Keita. Ce nom lui a été donné par un marabout du côté de Sédhiou qui venait souvent à Agnack. Même avant sa naissance, sa mère chantait cette chanson pour lui:

Naby Keita, personne ne veut de toi

Tu es caché et protégé comme dans un tronc d’arbre

Et c’est l’être suprême qui te protège

Paroles en Gujaher:

Naby Keita, jënseba lahediinoŋ

Gubombë këŋgëlëŋ

Bëgëme guñokë diinoŋ

[Gubombë këŋgëlëŋ est un jeu de mots :  gubomb désigne le tronc d’arbre, qui cache et protège. Gubombë këŋgëlëŋ renvoit aussi au gubombolin, le grand tambour cérémoniel, et aux sons qu’il fait et qui ont une force protectrice aussi.

Vidéo Alpha Mané chante sa chanson

Vidéo de: René Mané

 

 

Odo yimmé kita par Diaby Doua Camara : l’une des chansons préférées des habitants de Bouillagui (Mali)

Diaby Doua Camara est un griot très connu chez les Soninké. Il est originaire de Boutinguisse. Même si elle n’a pas été écrite pour Bouillagui, ses paroles qui sont une ode à la liberté reflètent le combat historique de Bouillagui pour la liberté. C’est pour cela que les habitants de Bouillagui apprécient particulièrement cette chanson et qu’ils la chantent souvent dans les grandes occasions.

 

 

Odo yimmé kita o kou Wagadou remu oya da dou marra dé

Oya dou marra Wagadou diama

Fisirre o kou Wagadou remu

Odo yimmé kita Wagadou remy

O ko dou douguita Wagadou remu

Kayiti niali kayiti niali nia guiri comandan Bangue Kayiti niali nia guiri xayii buurogna

Lemnu nia da ko

Khissou niada ko

Yakharou niada ko

 

Venons nous rassembler, qu’on se donne les mains.

Nous sommes les enfants de Wagadou.

On a retrouvé notre liberté. On est libre.

Personne ne pourra plus régner sur nous.

Ça c’est une très bonne chose.

Les enfants du pays, mettons-nous debout.

Fils du pays, mettons-nous debout.

Femmes du pays, mettons-nous debout.

Les hommes du pays, mettons-nous debout.

On ne peut jamais raser une tête sans la présence de l’intéressé.

Plantons, plantons des arbres pour développer notre pays et nos villages.

Nous avons eu un papier de Bamako, de Kayes de nous installer.

Donnons-nous les mains pour résister et combattre les ennemis.

 

 

LES CAURIS A MONZONA (Mali)

 

 

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Outil de géomancie, le plus souvent utilisés par les femmes voyantes et certains hommes pour prédire l’avenir.

Les cauris se prêtent à plusieurs usages:

Autrefois, ils étaient utilisés comme pièces de monnaie.

Ils servent de décoration, pour la confection des costumes des chasseurs, des masques dans les cérémonies, des fétiches, des gris-gris, pour décorer les tresses et comme bijoux sous forme de bracelet. Ils peuvent également servir à confectionner les calebasses pour l’animation pendant l’isolement des jeunes mariés dans la chambre nuptiale.

LE FOULARD DES FEMMES DE MONZONA (Mali)

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Un grand carré de tissus, un accessoire de mode, appelé MUSORO, il est utilisé depuis avant l’arrivé des blancs, porté sur la tête pour protéger les cheveux contre la poussière, le vent, le soleil, le froid. Il représente aussi symboliquement l’appartenance à une religion, une culture. Il permet d’affirmer ses origines. Le plus souvent porté par les femmes mariées, certaines jeunes filles le portent cependant lors des grandes cérémonies, mariage, baptême…

Le foulard représente également un outil protecteur pour les femmes mariées contre les mauvais génies qui adorent en particulier les jeunes mariées.

La fabrication de la poudre à canon à Bouillagui (Mali)

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La poudre à canon est fabriquée à Bouillagui par les chasseurs. La poudre est fabriquée seulement par les hommes. Ils la fabriquent avec les branches d’un arbre qu’on appelle Toulouba en soninké. On coupe quelques branches que l’on sèche au soleil pendant deux jours. Ensuite, on les brûle pour obtenir son charbon qui est de couleur noire. On mélange le charbon avec le salpeter (nitrate de sodium), un produit explosif que l’on peut acheter au marché. On passe le tout au mortier pour le piler à plusieurs reprises jusqu’à ce que la poudre devienne grise. Ensuite on fait sécher le tout au soleil pendant une heure. On remet ensuite la poudre dans le même mortier pour le repiler jusqu’à ce que la poudre obtienne la couleur dont les chasseurs ont besoin. Au final, on fait passer la poudre dans un tamis fin.

Cette poudre est très importante dans notre société : on l’utilise dans les cérémonies telles que la circoncision, les mariages, les fêtes religieuses (tabaski et ramadan).

Sur la photo, on peut voir un vieux fusil de 1936 chargé avec cette poudre à canon, et toujours en activité à Bouillagui.