Le gubos ou kanyaleen – un rituel contre l’infertilité et la mort infantine (Agnak Sénegal)

Les femmes qui n’ont jamais pu procréer ou qui perdent les enfants à bas age se soumettent à ce rite, qu’on appelle gubos en Baïnounk gujaher, et kanyaleen dans la plupart des langues joola. Elles acceptent toute humiliation, portent des habits déchirés et prennent un autre nom pour que l’esprit qui cause l’infertilité ne les reconnaisse pas. Quand une femme qui participe au rituel réussit d’avoir un enfant, on lui donne un autre nom aussi, et on prétend qu’il n’a aucune valeur, toujours pour le rendre moins attractif pour l’esprit qui cause l’infertilité et la mort infantile. Alpha Mané, fils d’une ubos, a donc un deuxième nom: Naby Keita. Ce nom lui a été donné par un marabout du côté de Sédhiou qui venait souvent à Agnack. Même avant sa naissance, sa mère chantait cette chanson pour lui:

Naby Keita, personne ne veut de toi

Tu es caché et protégé comme dans un tronc d’arbre

Et c’est l’être suprême qui te protège

Paroles en Gujaher:

Naby Keita, jënseba lahediinoŋ

Gubombë këŋgëlëŋ

Bëgëme guñokë diinoŋ

[Gubombë këŋgëlëŋ est un jeu de mots :  gubomb désigne le tronc d’arbre, qui cache et protège. Gubombë këŋgëlëŋ renvoit aussi au gubombolin, le grand tambour cérémoniel, et aux sons qu’il fait et qui ont une force protectrice aussi.

Vidéo Alpha Mané chante sa chanson

Vidéo de: René Mané

 

 

Odo yimmé kita par Diaby Doua Camara : l’une des chansons préférées des habitants de Bouillagui (Mali)

Diaby Doua Camara est un griot très connu chez les Soninké. Il est originaire de Boutinguisse. Même si elle n’a pas été écrite pour Bouillagui, ses paroles qui sont une ode à la liberté reflètent le combat historique de Bouillagui pour la liberté. C’est pour cela que les habitants de Bouillagui apprécient particulièrement cette chanson et qu’ils la chantent souvent dans les grandes occasions.

 

 

Odo yimmé kita o kou Wagadou remu oya da dou marra dé

Oya dou marra Wagadou diama

Fisirre o kou Wagadou remu

Odo yimmé kita Wagadou remy

O ko dou douguita Wagadou remu

Kayiti niali kayiti niali nia guiri comandan Bangue Kayiti niali nia guiri xayii buurogna

Lemnu nia da ko

Khissou niada ko

Yakharou niada ko

 

Venons nous rassembler, qu’on se donne les mains.

Nous sommes les enfants de Wagadou.

On a retrouvé notre liberté. On est libre.

Personne ne pourra plus régner sur nous.

Ça c’est une très bonne chose.

Les enfants du pays, mettons-nous debout.

Fils du pays, mettons-nous debout.

Femmes du pays, mettons-nous debout.

Les hommes du pays, mettons-nous debout.

On ne peut jamais raser une tête sans la présence de l’intéressé.

Plantons, plantons des arbres pour développer notre pays et nos villages.

Nous avons eu un papier de Bamako, de Kayes de nous installer.

Donnons-nous les mains pour résister et combattre les ennemis.

 

 

LES CAURIS A MONZONA (Mali)

 

 

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Outil de géomancie, le plus souvent utilisés par les femmes voyantes et certains hommes pour prédire l’avenir.

Les cauris se prêtent à plusieurs usages:

Autrefois, ils étaient utilisés comme pièces de monnaie.

Ils servent de décoration, pour la confection des costumes des chasseurs, des masques dans les cérémonies, des fétiches, des gris-gris, pour décorer les tresses et comme bijoux sous forme de bracelet. Ils peuvent également servir à confectionner les calebasses pour l’animation pendant l’isolement des jeunes mariés dans la chambre nuptiale.

LE FOULARD DES FEMMES DE MONZONA (Mali)

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Un grand carré de tissus, un accessoire de mode, appelé MUSORO, il est utilisé depuis avant l’arrivé des blancs, porté sur la tête pour protéger les cheveux contre la poussière, le vent, le soleil, le froid. Il représente aussi symboliquement l’appartenance à une religion, une culture. Il permet d’affirmer ses origines. Le plus souvent porté par les femmes mariées, certaines jeunes filles le portent cependant lors des grandes cérémonies, mariage, baptême…

Le foulard représente également un outil protecteur pour les femmes mariées contre les mauvais génies qui adorent en particulier les jeunes mariées.

La fabrication de la poudre à canon à Bouillagui (Mali)

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La poudre à canon est fabriquée à Bouillagui par les chasseurs. La poudre est fabriquée seulement par les hommes. Ils la fabriquent avec les branches d’un arbre qu’on appelle Toulouba en soninké. On coupe quelques branches que l’on sèche au soleil pendant deux jours. Ensuite, on les brûle pour obtenir son charbon qui est de couleur noire. On mélange le charbon avec le salpeter (nitrate de sodium), un produit explosif que l’on peut acheter au marché. On passe le tout au mortier pour le piler à plusieurs reprises jusqu’à ce que la poudre devienne grise. Ensuite on fait sécher le tout au soleil pendant une heure. On remet ensuite la poudre dans le même mortier pour le repiler jusqu’à ce que la poudre obtienne la couleur dont les chasseurs ont besoin. Au final, on fait passer la poudre dans un tamis fin.

Cette poudre est très importante dans notre société : on l’utilise dans les cérémonies telles que la circoncision, les mariages, les fêtes religieuses (tabaski et ramadan).

Sur la photo, on peut voir un vieux fusil de 1936 chargé avec cette poudre à canon, et toujours en activité à Bouillagui.

Un baptême à Damaro (Guinée)

Ansoumane Camara et Fatoumata Doumbouya

Le baptême (dénabö, en konianké ; den : l’enfant) est une cérémonie qui a lieu au septième jour de l’enfant. On donne publiquement un nom à l’enfant à travers l’imam. Les parents se concertent auparavant pour choisir un nom en référence à un membre de l’entourage ou bien un aïeul. Les deux homonymes deviennent aussitôt membres de la famille de l’un et de l’autre, de manière réciproque. Cet hommage peut ainsi être utilisé comme acte de réconciliation entre deux familles, entre deux personnes, ou entre deux communautés.

La nuit du sixième jour, l’imam est informé pour qu’il diffuse l’information le lendemain à la mosquée. Le septième jour au matin, le village se réunit dans la famille du nouveau-né. Les parents font le pain blanc, à base de riz, que les voisines viennent piler très tôt le matin. Ils cherchent aussi un mouton si c’est une fille, deux moutons si c’est un garçon, selon les préceptes de la religion. Lorsque la communauté se réunit, ce sont les femmes qui amènent le nouveau-né et sa mère, et ils vont s’assoir sur une natte placée entre le groupe des hommes et le groupe des femmes. Au fur et à mesure de l’arrivée des gens, les oncles réclament 500F guinéens ou 1000F guinéens, selon les capacités de chacun, pour appuyer les jeunes parents.

La parole est donnée à l’imam, il prêche et rappelle les devoirs du père envers l’enfant qui vient de naître. Le père a déjà donné discrètement le nom à l’imam, qui dit ensuite devant l’assemblée : « Nous vous avons pris à témoins, les djinns qui nous entourent également sont pris à témoins, pour que l’enfant soit désormais appelé … » et le nom de l’enfant est ainsi rendu public, ainsi que celui de l’homonyme à qui il est fait référence. Les femmes dansent de joie et chantent à ce moment-là.

Le mouton est ensuite égorgé et la viande est distribuée parmi les membres de la communauté avec le pain blanc. Une partie est donnée aux hommes, une autre aux femmes.

Konianké :

Den nabö kèla den télé woronvla na lon né. Den tilou loulé so almamy la loni yala. Almamy lé bè la loniyala den nabö ko la söma. So mö bèladèni néna denty ibara. Signö mousso iléna dè soussou soubama, kakè gboutourou ilö. Mö bèladèni köfè, almamy lé salatou don, ka kabanilikè den hakè ikan ; wa sôron nalé baden iyé kèmè lolou-lolou, wakélén kélén na dènna, ka denty lou boro magbèn. Almamy lé den tô bla atoro lô. Ilé dè lô tara damina any sâa sobo. Sâa kélen né foala ni den moussolé, sâa fla lé foala ni den tchè lé. Mousso ilé iya don damina.

baptême Mariama

La petite Mariame et sa mère Fatoumata Doumbaya sont assises sur une natte entre les hommes et les femmes

La vidéo montre le baptême de Mariame Camara, fille d’Ansoumane Camara et de Fatoumata Doumbouya. Les femmes chantent une chanson appelée Denko (que l’on peut traduire en français par « le problème d’enfant, l’affaire d’enfant, le désir d’enfant » ou plus généralement « ce qui concerne l’enfant ») :

Den ko le na nabôla bona

Denko

Nou mousso lou ma kogbèrèlon fo denko

Den ko le na nabôla bona

Den tônô kabon

Den ko le na nabôla bona

Nou sini denko léma

Den ko le na nabôla bona

C’est le problème d’enfant qui m’a fait sortir de chez moi

Le problème d’enfant

Nous les femmes, nous ne connaissons que le problème d’enfant

C’est le problème d’enfant qui m’a fait sortir de chez moi

L’intérêt de l’enfant est grand

C’est le problème d’enfant qui m’a fait sortir de chez moi

Nous, nous sommes assis pour la cause de nos enfants

C’est le problème d’enfant qui m’a fait sortir de chez moi

Une autre chanson s’appelle Tomanti (« l’homonyme dont l’enfant porte le nom », « le propriétaire du nom de l’enfant ») :

Nou lény

Tôman tylou tôman

Noulé tôlany

Tôman tylou tôman

Noulény

Tôman tylou tôman

Tô ko ariyè lélé

Tôman tylou tôman

C’est nous, ça

Le propriétaire du nom de l’enfant

C’est nous, ça

Le propriétaire du nom de l’enfant

C’est nous, ça

Le propriétaire du nom de l’enfant

Avoir un enfant est une chance

Le propriétaire du nom de l’enfant

RECETTES ET PREPARATION DES CROQUETTES DE SESAME PAR L’ASSOCIATION BENKADI DES FEMMES DE MONZONA (Mali)

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Utilisation du sésame : le sésame est utilisé dans divers usages alimentaires et médicinaux comme l’huile de graines de sésame souvent sans cholestérol. Les graines sont aussi utilisées dans la médecine traditionnelle pour soigner certaines maladies: les troubles gastro-intestinaux, maux de ventre et pour faciliter la digestion

Préparation des croquettes de sésame : Pour faire des croquettes de sésame, on prend des graines de sésame et du sucre ou du miel. On secoue les graines dans le vent enfin pour enlever la poussière et les mauvaises graines de sésame, puis on chauffe légèrement les graines dans une marmite ou un récipient jusqu’à ce quelles soient un peu cuites, on les retire du feu et on fait fondre le sucre en liquide. Ensuite on retire la marmite du feu, on ajoute les graines de sésame encore chaudes et on verse le tout dans un récipient pour ensuite mélanger pour former des petites boules et leur faire prendre la forme que l’on veut.

Et voilà nos croquettes de sésame !